Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

1996

Sommet sur l'économie et l'emploi 

Le gouvernement, le patronat et les syndicats s'entendent sur des projets et des mesures pour stimuler la création d'emplois. Mais une réouverture des conventions collectives et des coups durs pour les syndicats se profilent à l'horizon alors que l'État s'engage sur la voie du « déficit zéro ».

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    En mars 1996, lors de la Conférence sur le devenir social et économique du Québec, le gouvernement, les centrales syndicales, les associations patronales, les groupes communautaires et les associations municipales s’entendent pour définir « un nouveau pacte social ».  Les centrales syndicales acceptent le projet de « déficit zéro » mis de l'avant par le gouvernement Bouchard pour redresser les finances publiques et éliminer le déficit avant l'an 2000. En contrepartie, le gouvernement s’engage à réformer les services publics. À l'automne suivant, à la demande des centrales syndicales, le gouvernement organise le Sommet sur l'économie et l'emploi, où les discussions s'articulent cette fois-ci autour de la création d'emplois.

    Des frictions et des débats houleux s'engagent rapidement autour de la suggestion de déréglementer, de donner plus de flexibilité aux entreprises et d'alléger leur fardeau fiscal afin de leur permettre d'être plus compétitives. Les syndicats protestent de manière virulente, alors que le patronat appuie ces propositions finalement entérinées. En revanche, les syndicats obtiennent une diminution de la semaine normale de travail, qui passe de 44 à 40 heures, et la mise sur pied d'un fonds destiné à favoriser la réinsertion professionnelle.

    Afin de créer quelque 40 000 emplois, des consensus se dégagent autour de certaines idées phares, dont l'élaboration d'un nouveau réseau de centres de la petite enfance et un appui tangible aux projets d'économie sociale.

    Quelques semaines plus tard, la réouverture des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic pour atteindre le déficit zéro, sonne la fin de l’esprit de concertation. Les négociations entre le gouvernement et les syndicats débouchent sur l'abolition de près de 15 000 postes dans la fonction publique par des mises à la retraite anticipée assorties d'allocations bonifiées. À partir de ce moment, les syndicats condamnent la quête du déficit zéro dont ils font désormais les frais et deviennent hostiles à toute forme de partenariat.

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