Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

2011

Projet de loi no 33 sur le placement syndical dans l'industrie de la construction

Après des révélations sur l'intimidation présente sur les chantiers, le gouvernement Charest adopte une loi pour éliminer le placement syndical dans l'industrie de la construction. Les deux syndicats les plus importants dans ce secteur s'opposent à cette loi dont l'entrée en vigueur est retardée.

  • + Intervenant
  • + Description

    Les projecteurs se braquent sur l'intimidation et le harcèlement reliés à l'affiliation syndicale sur les chantiers de construction, alors que des reportages dévoilent des méthodes musclées employées sur le chantier de la Romaine. En juin 2011, la ministre du Travail Lise Thériault donne le mandat à un groupe de travail de se pencher sur les relations de travail dans l'industrie de la construction. À la fin de l'été, le rapport Matteau expose les dérives du placement syndical et propose une réforme tendant vers un système mixte de placement de la main-d’œuvre dans lequel la Commission de la construction du Québec (CCQ) ferait aussi de la référence.

    À l'automne, Lise Thériault décide d'aller plus loin en déposant le projet de loi no 33 visant carrément à abolir le placement syndical dans l'industrie de la construction et à créer un nouveau système entièrement administré par la CCQ. La FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), qui représentent ensemble 70 % des travailleurs de la construction, contestent farouchement ce projet de loi. En guise de protestation, des syndiqués désertent et paralysent des chantiers. Les vitres du futur siège social de la CCQ sont fracassées. Au même moment, une commission parlementaire donne la voix à des témoignages troublants sur la violence et l'intimidation utilisées sur les chantiers. Mme Thériault hausse le ton et enguirlande Michel Arsenault, président de la FTQ, lors de son passage à la commission. Le 2 décembre 2011, à l'Assemblée nationale, le projet de loi no 33 est adopté à l'unanimité. L'International conteste la nouvelle législation devant les tribunaux, tandis que la FTQ-Construction dépose une plainte devant le Bureau international du travail (BIT). Ces deux syndicats boycottent le comité de transition. L'exécution de cette loi apparaît difficile. Agnès Maltais, qui a pris la relève au ministère du Travail depuis l'élection du Parti québécois, tente de rallier les syndicats récalcitrants et retarde l'entrée en vigueur de la loi, d'abord prévue pour le 2 décembre 2012. À cette date, la CCQ n'est pas encore en mesure d'assurer le service de placement de la main-d’œuvre.

  • + Partager