Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

1977-1978

Règlement sur le placement syndical

Un règlement sur le placement dans le milieu de la construction est adopté par le gouvernement Lévesque. Cet encadrement cherche à atténuer l'instabilité et l'insécurité d'emploi en donnant priorité au « vrai travailleur de la construction ». Il soumet aussi les bureaux de placement à un code d'éthique. 

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    En septembre 1977, le ministre Pierre-Marc Johnson dépose un règlement sur le placement syndical dans le milieu de la construction, essentiellement calqué sur la politique des services de main-d’œuvre dans l'industrie de la construction (POSERMOCQ) élaborée par l'Office de la construction du Québec.

    L'OCQ avait repris dans les grandes lignes les recommandations de la commission Cliche. Pour mettre fin à l'instabilité et à l'insécurité d'emploi, cette politique donnait une préséance au « vrai travailleur de la construction ». Ainsi, les travailleurs sont classés selon trois catégories (A, B ou C). Les salariés qui ont accumulé le plus important nombre d'heures de travail l'année précédente se voient décerner un certificat de classification A et sont, par le fait même, embauchés avant les travailleurs classés B et C. Ces nouveaux certificats entrent en vigueur le 1er juillet 1978. Une priorité est aussi donnée à la main-d’œuvre régionale lors de l'embauche. 

    La commission Cliche avait aussi recommandé d'abolir les bureaux de placement syndicaux et de les remplacer par un système piloté par l'OCQ. Ces bureaux demeurent finalement en place, mais ils doivent obtenir un permis de l'OCQ qui désormais les surveille et les soumet à un code d'éthique.

    De nombreuses voix s'élèvent contre ce règlement, craignant la discrimination que les classifications peuvent engendrer. Le gouvernement ontarien s'indigne devant la priorité accordée à la main-d’œuvre régionale. Le règlement est amendé plusieurs fois entre 1978 et 1982 et le concept de « vrai travailleur de la construction » s'élargit pour éviter à certains de perdre leur classification, puisque le chômage est en hausse et que le nombre d'heures de travail dans la construction, dans l'ensemble du Québec, diminue de moitié en moins de 5 ans. En 1982, le règlement ne présentera plus qu'une seule classe de travailleurs. 

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