Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

1974

Grève à la CTCUM

En réaction à la suspension de 73 de leurs collègues, les employés d'entretien de la CTCUM déclenchent une grève freinant le service de transport en commun. Le syndicat obtient une augmentation salariale proportionnelle à l'inflation, ce qui crée un précédent.

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    Le 6 août 1974, la Commission de transport de la communauté urbaine de Montréal (CTCUM, actuelle STM) suspend 73 mécaniciens qui ont refusé d'entrer au travail lors d'un jour férié. Le lendemain, le syndicat des employés d'entretien et de garage, affilié à la CSN, démarre un débrayage en réponse à ce geste de la direction. Le syndicat des chauffeurs décide de ne pas emboîter le pas et la CTCUM obtient des injonctions forçant les 1 600 grévistes à retourner au travail. Mais ces derniers défient l'ordonnance des tribunaux et affichent leur intention de poursuivre la grève tant qu'ils n'auront pas obtenu une augmentation de salaire. Le métro est paralysé et son service interrompu.

    Malgré les appels lui demandant d'intervenir, Jean Cournoyer, ministre du Travail, ne veut pas s'ingérer dans le conflit. Le 5 septembre, tous les syndicats des employés de la Ville de Montréal font front commun dans une manifestation de 5 000 personnes. Leur demande? Rouvrir les conventions collectives et indexer les salaires à l'inflation galopante du coût de la vie.

    Après une quarantaine de journées de grève consécutives, le premier ministre Robert Bourassa intervient. Il réunit Jean Cournoyer, le maire de Montréal Jean Drapeau, le président de la CTCUM Lawrence Hanigan et le président de la CSN Marcel Pépin. À l'issue des négociations, les travailleurs de la CTCUM se voient accorder une augmentation salariale proportionnelle à l'indice des prix à la consommation, ce qui crée un précédent. De plus, les 73 suspensions sont levées. Le 20 septembre, les employés retournent au travail et le service reprend. Le Conseil du patronat du Québec reprochera à Jean Cournoyer d'avoir penché en faveur des travailleurs et d'avoir ainsi déséquilibré le rapport de force patronal-syndical.

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