Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

1969

Grève des policiers et des pompiers de Montréal

Dans un contexte tendu, les policiers de Montréal débrayent le 7 octobre 1969. Solidaires à la cause, les pompiers se joignent à eux. La métropole sombre durant 24 heures dans l'anarchie. Cet événement pressera la création de la Communauté urbaine de Montréal (CUM).

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    Attentats, manifestations, crime organisé : les policiers de Montréal sont particulièrement sollicités durant la décennie 1960. Or, les relations de travail avec la Ville de Montréal se dégradent considérablement. La grogne couve chez les policiers qui ont ratifié par une mince majorité leur contrat de travail en 1967. Privés du droit de grève depuis 1944, ceux-ci attendent patiemment la sentence arbitrale du juge Gaston Rondeau, qui fixera leurs nouvelles conditions de travail. Le 6 octobre, le jugement tombe. Les augmentations salariales ne permettent pas d'atteindre la traditionnelle parité avec les policiers de Toronto et les patrouilles en solitaire, décriées pour des raisons de sécurité, sont permises. Deux assemblées générales sont aussitôt convoquées le 7 octobre par la Fraternité des policiers. Le lendemain, près de 4 000 agents de la paix se retrouvent au Centre Paul-Sauvé, laissant les rues de Montréal à l'abandon. Solidaires, les pompiers débrayent tout en assurant les services essentiels.

    La Sûreté du Québec vient maladroitement en renfort, alors que Québec hésite à demander l'intervention de l'armée. Actes de vandalisme, vols avec effraction et vols à main armée se multiplient aux quatre coins de la métropole. Le Mouvement de libération du taxi profite du chaos pour organiser une manifestation contre le monopole de Murray Hill dans les transports desservant l'aéroport. Une émeute éclate devant le garage de la compagnie durant laquelle un officier de la SQ est tué. Le gouvernement du Québec approuve l'intervention de l'armée en début de soirée, puis l'Assemblée nationale adopte quelques heures plus tard une loi spéciale forçant le retour au travail des policiers. Ces derniers se voient ensuite accorder presque l'ensemble de leurs revendications, dont la parité salariale. Cette grève illégale servira ensuite d'argument à la Ville de Montréal pour exiger du gouvernement du Québec que toutes les villes de l'île de Montréal financent le corps policier. La Communauté urbaine de Montréal (CUM) naît ainsi quelques mois plus tard.

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