Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

1967

Projet de loi n25 dans le milieu scolaire

Le gouvernement de l'Union nationale, dirigé par Daniel Johnson, adopte une loi d'exception qui suspend la libre négociation et le droit de grève des enseignants. Dans le domaine de l'éducation, l'État devient le véritable employeur et implante un régime de négociation collective à l'échelle de la province.

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    En janvier 1967, un mouvement de grève est lancé chez les syndicats d'enseignants affiliés à la Corporation des enseignants du Québec. Le gouvernement de l'Union nationale veut à tout prix éviter une escalade du conflit de travail et une surenchère des demandes syndicales d'une commission scolaire à l'autre. La réplique sera sévère. En février, le gouvernement de Daniel Johnson dépose le projet de loi no 25 pour forcer le retour au travail. Cette mesure suspend le droit de grève et la libre négociation des enseignants jusqu'en juin 1968, prolongeant par conséquent les conventions collectives expirées jusqu'à cette date. 

    Surtout, le projet de loi no 25 instaure un nouveau régime de convention collective dans le secteur scolaire. Ces négociations devront désormais se faire à l'échelle du Québec et non localement. L'État devient le vis-à-vis avec qui les syndicats doivent discuter pour fixer les salaires et les conditions de travail, dorénavant uniformisés dans toute la province. Les commissions scolaires perdent ainsi beaucoup de pouvoir. Le bill 25 provoque la colère du milieu syndical. Le 12 février, une importante manifestation se déploie à Québec et les enseignants tiennent une journée symbolique de grève le 17 février, date à laquelle la Loi est adoptée. Avec ce nouveau régime de négociation collective, la CEQ prendra du galon en tant que principale interlocutrice syndicale dans le domaine de l'éducation. Par contre, cette loi spéciale confronte pour la première fois les syndicats à leur faux rapport de force dans le secteur public et aux limites de leur droit de grève récemment acquis. Le gouvernement peut à tout moment adopter une loi pour pour imposer  les salaires et les  conditions de travail. Ce nouvel ordre détermine les syndicats des secteurs public et parapublic à s’organiser en front commun pour faire contrepoids au gouvernement.  

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