Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

1943

Création du Département des relations industrielles de l’Université Laval

En 1943, la jeune Faculté des sciences sociales de l’Université Laval se dote d'un département des relations industrielles. À partir de ce moment, les bouleversements qui surviennent dans les relations de travail se retrouvent sous la loupe des chercheurs et les professionnels sont formés spécialement pour affronter les défis particuliers de ce secteur.

  • + Description

    En 1938, le père Georges-Henri Lévesque, associé à la frange progressiste du clergé, crée la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval. Cette faculté prend son essor en 1943, avec la création de quatre départements, dont celui des relations industrielles. La direction de ce dernier est confiée à Gérard Tremblay, premier sous-ministre du Travail au Québec.

    En instaurant un tel département, les pionniers de la Faculté désirent donner une formation multidisciplinaire, englobant le droit, la sociologie, la psychologie, l'économie et l'histoire. Les étudiants possèdent ainsi toutes les notions nécessaires pour, une fois leur carrière professionnelle amorcée, bien décrypter les récentes tensions engendrées par l'industrialisation et les nouvelles lois du travail, et trouver des solutions pratiques pour gérer de manière plus harmonieuse les conflits de travail.

    Mais la jeune Faculté des sciences sociales mise aussi beaucoup sur la recherche. Le Département des relations industrielles lance en 1945 la publication Relations industrielles/Industrial Relations. Seule revue scientifique bilingue sur le sujet au Canada, son tirage s'élargira avec le temps jusqu'à atteindre une diffusion dans près de trente pays. En 1946, le Département organise son premier congrès des relations industrielles qui deviendra rapidement une tradition annuelle.

    Durant la même période, l'Université de Montréal fonde, en 1945, une Section des relations industrielles. Le Québec se place ainsi à l'avant-garde de l'étude de ce domaine au Canada. À l’origine, cet intérêt n’est pas sans lien avec la volonté de pacifier les relations du travail grâce à l’enseignement de la doctrine sociale de l’Église catholique. Plusieurs jeunes diplômés sortent de ces programmes et décrochent un emploi dans l'administration publique, les entreprises privées ou les organisations syndicales. Ils bouleversent les façons de faire, non seulement en permettant aux différents milieux concernés de s'adapter aux nouvelles réalités des relations de travail, mais aussi en modernisant les législations qui régissent ce secteur. 

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