Les relations du travail au Québec
Des témoins tracent la ligne du temps

1964

Grève à La Presse

Les typographes du journal La Presse déclenchent une grève pour se battre contre des changements technologiques. La publication cesse durant 7 mois et permet la naissance du Journal de Montréal.

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    La direction du quotidien La Presse manifeste ses intentions d'apporter des changements technologiques au sein de son entreprise pour réduire le nombre de salariés et abaisser les coûts de production. Craignant pour leurs emplois, les typographes, affiliés à la puissante Union typographique internationale (UTI-FTQ), déclenchent une grève le 3 juin. Ce débrayage paralyse les activités du journal et l'employeur met en lock-out l'ensemble de ses employés. Gérard Pelletier, grand défenseur du syndicalisme qui a couvert la grève de l'amiante pour Le Devoir et qui a été journaliste pour Le Travail, une publication de la CTCC, se retrouve coincé dans une situation délicate, puisqu'il est à ce moment-là rédacteur en chef à La Presse

    Les travailleurs à la rue publient leur propre quotidien nommé La Presse libre. Mais ce conflit de travail entraîne surtout la naissance d'un nouveau poids lourd de l'industrie des médias. Pierre Péladeau profite des déboires du journal de la rue Saint-Jacques pour rapidement lancer, le 15 juin, un nouveau quotidien : le Journal de Montréal. Ce tabloïd fait un tabac et son tirage dépasse les prévisions.

    Pendant ce temps, le conflit de travail à La Presse s'embourbe pendant 7 mois. Les deux parties parviennent à une entente le 23 décembre et la publication de La Presse reprend le 4 janvier 1965. Gérard Pelletier, puisqu'il n'exprime aucune rancune envers les syndiqués, est congédié quelques semaines plus tard. Les ventes du Journal de Montréal chutent dès le retour à la normale, mais cette entreprise s'imposera rapidement dans un nouveau créneau très rentable.

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